L’été approche, choisissons un éventail…

J’ai récemment décidé d’aller à Méru dans l’Oise pour visiter le Musée de la nacre et de la tabletterie. Il  abrite en ce moment une très belle exposition d’éventails qui fait regretter que la mode en ait disparu. Parallèlement la visite du Musée est tout à fait intéressante : guidés par un ouvrier nous suivons ainsi l’histoire de la tabletterie, traversons les ateliers mis en route par la machine à vapeur et suivons là une belle histoire sociale en même temps que l’histoire de la ville. La séquence vidéo est particulièrement bien mise en scène et les souvenirs des anciens ouvriers ou patrons sont riches d’enseignement. Ce n’est pas très long, mais instructif. Une petite boutique permet d’acheter de très beaux bijoux.

On pourrait presque dire que de grands projets se préparent avec l’affirmation de la prise de conscience de cette part d’histoire, qui est cette histoire de gens simples et qui se renouvelle au fil des régions et des activités qui s’y sont développées en particulier au 19° siècle. Un projet d’hôtel 3 étoiles est en train de se réaliser dans un des anciens locaux de la manufacture. Belle idée de réveil d’une citée endormie.

Un peu de tourisme : Collonges la Rouge

Site incontournable de Corrèze qui mérite bien que l’on s’y arrête au détour de l’autoroute. Surprenante pierre de grès rouge qui a servi à la construction de maisons traditionnelles qui ressortent merveilleusement sur leur fond de prairies vertes, leurs treilles et fleurs sauvages. Un peu de boutiques, mais avec des articles et un artisanat de qualité.

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Poursuivons cette exploration des Lettres et leurs informations sur la place des broderies .

SÉVIGNÉ Mme de, Correspondance : t. 2 : 1675-1680, 1680, p. 771
1679

…/… Je voudrais bien vous pouvoir dépeindre au naturel, ma bonne, un écran que m. Le  cardinal D’Estrées a donné à Madame De Savoie en forme de sapate , et dont Mme De La Fayette a pris tout le soin et donné le dessin. Madame Royale ne souhaite rien tant au monde que l’ accomplissement du mariage de son fils avec l’  infante de Portugal ; c’ est l’ évangile du jour. Cet écran est d’ une grandeur médiocre. Du côté du tableau, c’ est Madame Royale peinte en miniature, très ressemblante, environ grande comme la main, accompagnée des vertus, avec ce qui la fait reconnaître : cela fait un groupe fort beau et fort charmant. Vis-à-vis de la princesse est le jeune prince, beau comme un ange, d’ après nature aussi, entouré des grâces et des amours ; cette petite troupe est fort agréable. Madame Royale montre à son fils, avec la main droite, la mer et la ville de Lisbonne. La gloire et la renommée sont en l’ air, qui l’ attendent avec des couronnes. Sous les pieds du prince, c’ est un vers de Virgile :
Matre dea monstrante viam.
Rien n’ est mieux imaginé. L’ autre côté de l’ écran est d’ une très belle et très riche broderie d’ or et d’ argent. Les clous qui clouent le galon sont de diamants. Le pied est de vermeil doré, très riche et très bien travaillé. La cheville qui retient l’ écran est de diamants aussi. Le haut du bâton est la couronne de Savoie, toute de diamants. Enfin ce présent est tellement riche, agréable et dans le sujet que tous les sapates en seront effacés. Il sera paisiblement mis devant le feu ; on prétend que madame, sortant de son cabinet, verra tout d’ un coup ce joli écran, sans savoir d’ où ni comment il se trouve là, qui revient tout ensemble à plus de deux mille écus. Je ne sais si je vous l’ ai bien dépeint. Voilà des présents comme je voudrais bien en pouvoir faire à qui vous savez.…/….

Broderie… en littérature

Madame de Sévigné a su nous charmer avec ses lettres et ses récits précis de la vie de la cour. Elle nous parle souvent de mode, et voici une lettre qui dévoile ces richesses et tout l’apparat  du 17° siècle (SÉVIGNÉ Mme de, Correspondance : t. 2 : 1675-1680, 1680, p. 442; 1676). Rêvons au fil de l’aiguille…

…:/…Vendredi, à Paris.
M’ y voici donc arrivée. J’ ai dîné chez cette bonne Bagnols ; j’ ai trouvé Mme De Coulanges dans cette chambre belle et brillante du soleil, où je vous ai tant vue, quasi aussi brillante que lui. Cette pauvre convalescente m’ a reçue agréablement. Elle vous veut écrire deux mots ; c’est peut-être quelque nouvelle de l’ autre monde que vous serez bien aise de savoir. Elle m’ a conté les transparents. Avez-vous ouï parler des transparents ? Ce sont des habits entiers des plus beaux brocarts d’ or et d’ azur qu’ on puisse voir, et par-dessus, des robes noires transparentes, ou de belle dentelle d’ Angleterre, ou de chenilles veloutées sur un tissu, comme ces dentelles d’ hiver que vous avez vues ; cela compose un transparent, qui est un habit noir, et un habit tout d’ or, ou d’ argent, ou de couleur, comme on veut. Et voilà la mode. C’est avec cela qu’ on fit un bal le jour de Saint Hubert, qui dura une demi-heure ; personne n’ y voulut danser. Le roi y poussa Mme D’Heudicourt à vive force. Elle obéit, mais le combat finit faute de combattants .
Les beaux justaucorps en broderie destinés pour Villers-Cotterets servent le soir aux promenades, et ont servi à la Saint-Hubert. Monsieur le prince a mandé de Chantilly aux dames que leurs transparents seraient mille fois plus beaux si elles voulaient les mettre à cru sur leurs belles peaux ; je doute qu’ ils fussent mieux. Les Grancey et les Monaco n’ ont point été de ces plaisirs, à cause que cette dernière est malade, et que la mère des anges a été à l’ agonie. On dit que la marquise de La Ferté y est, depuis dimanche, d’ un travail affreux qui ne finit point, et où Boucher perd son latin.
M De Langlée a donné à Mme De Montespan une robe d’ or sur or, rebrodé d’ or, rebordé d’ or, et par-dessus un or frisé, rebroché d’ un or mêlé avec un certain or, qui fait la plus divine étoffe qui ait jamais été imaginée. Ce sont les fées qui ont fait en secret cet ouvrage ; âme vivante n’ en avait connaissance. …/…

Retour en cuisine

Voilà, je reviens. En effet il y a bien longtemps que je n’étais pas venue écrire ici.Depuis ce fatal jour! or ce fatal jour je recevais un superbe cadeau et rien ne m’autorisait à étaler ma joie et mon sourire en ouvrant l’enveloppe. Je vais vous faire partager maintenant ce qui a suscité le plaisir de ma découverte. Tout simple, tout beau un petit carré pour faire la cuisine et accessoirement ou principalement faire plaisir à ses amis : plein de recette simples et vite faites à glisser dans son panier avant d’aller voir une amie.

Nouvelle année, nouvelles couleurs

Encore une fois je change la présentation du blog. J’ai voulu lui apporter un peu de fraicheur et surtout une nouvelle  lumière. La couleur tendre du fond se trouve éclairée avec cette photo souvenir d’un passage au Festival des jardins et ses couleurs tellement forte, en particulier ce fond bleu qui met en relief des fleurs simples chargées de papillons voletant.

Vous remarquerez que les années changes, mais les encours ne changent pas, ils sont toujours dépassés par de nouveaux qui arrivent à leur terme, sans doute parce que moins longs à réaliser et tout aussi satisfaisants. Ils sont toujours là chacun dans leur pochon, leur plateau prêt à être dégustés, oui c’est bien ça, parce que je les aime toujours et j’ai toujours envie de les mener à leur terme. Mais j’ai remarqué un phénomène fréquent qui consiste à laisser des choses en attente pour en poursuivre la dégustation et ne pas se défaire trop tôt de leur charme. C’est ainsi que je ne termine jamais ou que je lis lentement certains livres que j’apprécie particulièrement, et qui me font dire par la suite, bienheureux ceux qui ne les ont pas encore lus, il leur reste tout le plaisir de les découvrir.

En route pour de nouvelles aventures à l’aiguille et pour cela le 1 janvier j’ai commencé une broderie rapide qui aurait dû être terminée le soir même. Mais il y a tellement d’imprévus…

Coucou #3

Et aloors ? Zorro est arrivé-é-é… non je n’ai pas de cheval, pas de grand chapeau! mais je suis très beau avec mon beau nez rose. (OK sur la photo je suis pendu par les oreilles, mais là, en ce moment, maintenant où vous me voyez, après un long voyage épuisant coincé entre un pull, la vaisselle et je ne sais quoi dans un grand sac en papier, me voilà frais comme une rose. )

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