Toilettes publiques

Voici un article saugrenu qui n’est pas dans la veine des sujets habituellement traités ici.

Cet été, à plusieurs reprises je me suis rendue au Lieu Unique, où outre les expositions et spectacles qu’il programme, on peut manger et surtout boire un café confortablement installé dans une chaise longue le long du canal de l’Erdre, à l’ombre d’arbres hauts qui apportent leur fraîcheur.

Occasion (ou plutôt besoin), m’a été donnée de me rendre dans les lieux du Lieu. Et là quelle surprise : toilettes dans leur jus, avec lourde porte de bois fermée par un verrou, avec un jour en bas disposées en rangées, dans un sous sol tout de béton aux murs tagués. Mais bon, il y a le confort moderne et c’est propre. Et comme invite à poursuivre les graffitis habituels et inéluctables de ces lieux, chaque espace propose à la lecture de chacun ce poème attribué à Alfred de Musset, que j’ai trouvé tout à fait subtil et approprié.

Le petit endroit
Vous qui venez ici dans une humble posture

De vos flancs alourdis décharger le fardeau
Veuillez quand vous aurez soulagé la nature
Et déposé dans l’urne un modeste cadeau
Épancher dans l’amphore un courant d’onde pure
Et sur l’autel fumant placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi dont l’auguste jointure
Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau.

Je n’entrerai pas dans la querelle de l’auteur. Il est ici attribué à Musset, d’autres l’attribuent à Emmanuel Arago. A vérifier, mais en attendant voici une façon de dire courtoisement ce que chacun de nous attend du précédent utilisateur des toilettes publiques.

Et toilettes publiques il y en a! celles des lieux publics tels les cafés, restaurants, celles mises à disposition par les municipalités, avec ou sans dame pipi, celles des lieux de travail. Finalement nous sommes amenés à en fréquenter beaucoup, des différentes et avec la même inquiétude en ouvrant la porte : dans quel état de propreté ? Bien sûr selon les cultures leur état éclaire sur le sentiment personnel de la place du bien commun, voire des libertés individuelles.

J’ai trouvé au cours de recherches cet article déjà ancien publié sur Evene et qui nous parle subtilement de ces toilettes, wc, cabinets et autres petits coins. L’auteur nous propose une série de lectures à laquelle j’ajouterais volontiers Les lieux : histoire des commodités, et l’excellente étude de Georges Vigarello Le propre et le sale.

Et pour clore ce chapitre intarissable, je vous offre celles de Pont Aven au dessus de la rivière

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